Gary Émile

Comment vous est venue cette idée ? 

Elle est venue toute seule parce que j’étais seul… Peut-être dans mon bain comme Archimède.

Que faisiez-vous avant ? 

Avant je luttais contre la clochardisation… L’avenir m’inquiétait. Quelque chose me parasitait. Je dissipais mon énergie à essayer de comprendre : « pourquoi pas moi ? Moi et les autres c’est pareil, Non ? »

En fait j’étais frustré de ne pas avoir les pleins pouvoirs, le droit de disposer des autres comme de moi-même. Je cherchais à rallier tout le monde à ma cause.

Qu’entendez-vous par clochardisation ? Même si vous n’avez pas vécu dans l’opulence, vous n’avez jamais vécu comme un clochard ? 

Vu de l’extérieur oui ! Mais intérieurement c’était l’errance. Le désespoir qui se maintient dans un cadre matériel et social acceptable ; qui sauve la face.

Qu’est-ce qui a changé ? 

Les autres occupaient trop de place, tant et si bien qu’ils prenaient la place, ils occupaient toutes les places.

Pourquoi ?

Parce que je ne voulais en occuper aucune : pouvoir jouer tous les rôles !

Il vous en a fallu du temps pour comprendre cela non ? 

C’est vrai. On dit que l’amour des autres passe par l’amour de soi. L’amour est quelque chose de léger qui vient se greffer sur quelque chose qui a du poids. L’amour doit être lesté pour qu’il puisse durer.

Lesté ?

Oui, l’amour a quelque chose d’un cerf-volant. Il est lesté par quelque chose de lourd et de solide dont on ne parle pas. On a chacun sa poignée. Il ne faut surtout pas la lâcher et toujours rester dans le vent ! Et bien sûr il y a des haut et des bas.

On frise parfois la catastrophe. Encore faut-il vouloir être aux commandes… 

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