Parfois, quand la nuit refuse de m’emporter, les mots prennent le relais.
Je ne dors pas… alors j’écris. Beaucoup. Écrire est devenu mon refuge, ma façon de poser ce qui déborde, de donner du sens à l’intensité, à l’addiction, à la bipolarité, et à tout ce qui traverse ma vie.
À travers mes textes, je partage un bout de mon parcours, sans filtre, avec sincérité. Parce que mettre des mots sur les maux, c’est déjà avancer. Et peut-être que dans ces lignes, certains se reconnaîtront, se sentiront moins seuls.
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Merci à ceux qui lisent, qui comprennent, et qui marchent un peu avec moi dans ces nuits d’écriture
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Deux ans d’abstinence. Deux ans à tenir, à reconstruire, à avancer pas à pas.
Et puis… patatrac.
Re-alcoolisation.
Et pour couronner le tout : surdosage de médicaments.
Résultat : 24 heures d’hospitalisation, dont 12 en déchocage.
Pourquoi ?
Parce que ça faisait trois jours que je ne dormais plus.
Trois jours sans sommeil, c’est long. Très long.
Le cerveau commence à parler tout seul. Et il ne dit pas des choses très gentilles.
Je ne voulais plus lutter.
Je voulais juste en finir.
Aujourd’hui, je suis sorti de l’hôpital.
Et heureusement, je suis bien entouré.
Je me suis réfugié en CTR (centre thérapeutique résidentiel).
Le temps de reprendre des forces.
Le temps que la culpabilité redescende.
Le temps de traverser cette dépression post-alcoolisation — ce moment délicieux où ton cerveau te fait un best-of de tout ce que tu regrettes depuis 1998.
Mais je tiens à dire merci.
Merci aux soignants qui vont me remettre sur les rails.
Pas avec des reproches.
Avec de l’empathie.
Avec du non-jugement.
Avec de l’humain.
Et parce qu’il faut le dire aussi :
Si un jour un soignant vous dit :
« C’est votre faute, c’est vous qui avez la bouteille dans la main. »
Rappelez-vous une chose :
Cette personne travaille peut-être dans le soin…
Mais elle ne connaît pas la maladie.
Comme si on choisissait d’être addict.
Comme si un matin je m’étais réveillé en me disant :
« Tiens, aujourd’hui, je vais compliquer toute ma vie. Ça va être sympa. »
Non.
L’addiction n’est pas un choix.
La bipolarité non plus.
Par contre, demander de l’aide, ça, c’en est un.
Et rester en vie aussi.
Alors voilà.
Je suis tombé. Fort.
Mais je suis encore là.
Et pour l’instant, mon programme est simple :
Dormir.
Respirer.
Manger autre chose que de la culpabilité.
Et laisser les pros réparer le moteur pendant que moi, j’évite de conduire ma vie à 200 km/h dans le brouillard.
À vous qui êtes en plein combat : courage.
Où que vous en soyez dans votre soin, tenez bon.
Et surtout, entourez-vous de soignants qui voient la personne… pas la faute.
Bonne soirée à vous.
On avance. Même cabossés. Même un peu de travers.
Et parfois, avec un humour un peu noir.
Parce que franchement, si on ne peut plus rire un peu du chaos… il gagne trop facilement.