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Chronique – Le dernier pour la route d’Hervé Chabalier.
Le dernier pour la route. Je l’ai déjà dit. Je l’ai déjà cru. Et comme souvent, j’ai eu tort. Le livre d’Hervé Chabalier m’a frappé parce qu’il ne parle pas d’un alcoolique abstrait, mais d’un homme qui me ressemble parfois plus que je ne voudrais l’admettre.
Chabalier avait tout pour “aller bien”. Une carrière, une reconnaissance, une image solide. Comme quoi, l’alcoolisme n’a jamais demandé de justificatif social. Il s’infiltre partout, surtout là où on jure qu’on maîtrise. L’alcoolique est d’ailleurs un expert en maîtrise… verbale. Il trouve toujours une excellente raison de boire. Et une encore meilleure pour recommencer.
Ce livre ne cherche pas à faire peur ni à donner des leçons. Il raconte la fatigue de se mentir. La honte au réveil. Le moment où l’alcool n’est plus une fête mais une obligation. Et puis la cure, ce tête-à-tête brutal avec soi-même, sans verre pour adoucir la vérité. Spoiler : ça pique.
Ce que j’ai retenu, c’est que Le dernier pour la route parle surtout du vide. De ce qu’on essaie de faire taire. L’alcool n’est qu’un outil, très efficace, pour ne pas écouter ce qui fait mal.
Ce livre ne m’a pas dit “arrête de boire”. Il m’a posé une question bien plus inconfortable : qu’est-ce que tu fuis ? Et rien que pour ça, il mérite d’être lu.